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N’GOPE LAN

Projet de rencontres de créations musicales dans les Préfectures de Dankpen et de Bassar :
Résidences de co-créations musicales
(Projet N’GNOPE LAN)

 

Contexte et justification du projet

Le Togo regorge d’artistes talentueux qui s’inscrivent dans la lignée de grands noms tels que Monia
Tchangai (années 80) et Bella Bellow (1945-1973), qui en montant sur des scènes prestigieuses comme
l’Olympia (à Paris), ont écrit les plus belles pages de l’histoire de la musique togolaise. Les observateurs
avertis de la musique africaine s’interrogent, toutefois, sur la désaffection, ces dernières années, du
public togolais pour la musique locale et sa préférence affichée pour les musiques étrangères. Cette
situation a attisé notre curiosité et nous a mené à chercher les raisons qui ont conduit à cette situation.
Au Togo, les activités musicales ont pris un nouveau tournant à partir des années 90 avec comme entre
autres, l’émergence du mouvement rap. Des artistes comme King Mensah ont su exploiter leurs années
d’expérience à l’extérieur pour créer des styles musicaux innovateurs et porteurs d’identité ; traçant
ainsi la voie à une nouvelle génération d’artistes musiciens dont le talent certes évident a besoin d’être
canalisé et soutenu par un environnement où les ressources humaines et financières seront disponibles
pour transformer les projets artistiques et les rêves de carrière en réalité.
Cependant, force est de constater que tout ce mouvement et la nouvelle génération d’artistes
musiciens ont progressivement perdu leur identité à telle enseigne qu’on ne peut plus de nos jours
parler d’une musique togolaise ou d’un rythme togolais. Or nous savons que le jeu de la
mondialisation nous impose le partage et l’échange de nos richesses culturelles et artistiques. Alors
face à cette nouvelle donne, quelle serait pour le Togo et les artistes togolais le produit musical
identitaire à offrir aux autres du monde ?
La question devient plus intéressante lorsque nous nous retrouvons du côté du public togolais qui se
voit obligé de consommer de la musique d’ailleurs (Rap, RNB, Reaga, Zouk, Zouglou, Roumba etc.) et
dont la population voit même impuissante ses artistes s’en approprier (plus de 80% de la musique
produite et commercialisée par les artistes togolais est d’inspiration étrangère). Des études (rapport
RADJI, 2004) ont pu démontrer que cette tendance pour les artistes togolais à s’approprier les rythmes
étrangers tire ses sources du manque d’infrastructures adéquates de production musicale au Togo et du
manque de professionnalisme de la part des opérateurs de la filière musique. Car selon le même
rapport, cet état de fait oblige les artistes togolais à s’expatrier à la recherche des studios
d’enregistrement et des maisons de production plus performants. La conséquence c’est qu’à l’arrivée,
leurs oeuvres se retrouvent dénaturées, ne reflétant plus celles d’origine. La musique togolaise perd
ainsi progressivement son identité.
Or, lorsque nous portons une attention particulière sur les pratiques musicales qui sont en vigueur dans
nos régions et préfectures, on constate avec agréable surprise qu’il existe des talents artistiques.
Cependant ces talents locaux manquent juste de moyens techniques et financiers pouvant leur
permettre de proposer des oeuvres nationalement et internationalement compétitives. Dans les
préfectures de Bassar et de Dankpen, une tradition musicale semble s’installer avec des artistes comme
Ouyi Tassane, Ali Bawa, Madame Kpanté, etc. qui ont su baliser le chemin laissant la place aux nouveaux
talents d’artistes comme Gnandi Aboudou, John Labanté, Princess Lydia et bien d’autres dont les
oeuvres bien que connues localement peinent à s’exporter faute de promotion adéquate. Ces nouveaux
talents ont surtout besoin de dispositifs qui leur permettent de produire et de promouvoir leurs oeuvres
dans des conditions techniques performantes.
C’est au regard de tous ces aspects que nous avons jugé opportun de proposer le projet de rencontres
de créations musicales dont l’objectif essentiel est de contribuer à la promotion de la musique et à la
professionnalisation des artistes musiciens dans le Grand Bassar (Préfectures de Bassar et de Dankpen).

Nature du projet

Le projet de rencontres de créations musicales dans les préfectures de Bassar et de Dankpen est une
rencontre de résidence artistique entre deux artistes musiciens professionnels togolais
internationalement reconnus et huit (08) artistes musiciens locaux en début de carrières (à raison de 4
artistes de la Préfecture de Basssar et 4 artistes de la Préfecture de Dankpen).
Il s’agit d’une résidence de co-créations entre ces différents artistes qui leur permette de vivre en
communauté pendant un mois dans un climat d’échange et de partage artistique. Pendant la durée de
cette résidence, ces artistes vont travailler à co-créer dix (10) titres musicaux sous forme d’oeuvres
musicales de collaboration. Ces oeuvres artistiques seront essentiellement des oeuvres tradi-modernes
inspiré du terroir du Grand Bassar.
Les dix titres musicaux créés seront produits en studio sous forme d’un album qui sera diffusé sur le
marché. Les recettes réalisées sur la vente du produit réalisé seront réparties entres les 8 artistes locaux
afin de leur permettre de lancer la production et la promotion de leurs projets artistiques.

 

Objectif général

Il s’agit de contribuer à la promotion de la musique et à la professionnalisation des artistes musiciens
dans le Grand Bassar (Préfectures de Bassar et de Dankpen) à travers la mise en situation de co-création
des artistes musiciens professionnels et des artistes locaux.

Objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques du présent projet sont les suivants :

– identifier 2 artistes musiciens professionnels togolais et 8 artistes musiciens locaux (4 de la
Préfecture de Bassar et 4 de la Préfecture de Dankpen) ;

– organiser une résidence de co-création musicale d’un (01) mois entre les 10 artistes
sélectionnés ;

– Projet de rencontres de créations musicales dans les Préfectures de Dankpen et de Bassar : Résidences de co-créations musicales (Projet N’GNOPE LAN) ;

– produire en studio un album de 10 titres des œuvres musicales résultant de la résidence ;

– assurer la diffusion de l’album produit ;

– assurer le suivi et l’évaluation du projet.

Les activités du projet

Il s’agit entre autres de :

– L’identification et la sélection des artistes (1 mois)
Un appel à candidature sera lancé pour sélectionner les 10 artistes qui devront bénéficier de la
résidence.
La sélection sera faite sur la base de certain nombre de critères tels que décrits aux points 2 et 3. La liste
des artistes sélectionnés sera rendu publique sur le site de l’Association Heinrich Klose, dans Togo
Presse et aux mairies de Bassar et de Guérin Kouka.

– La résidence de co-créations (1 mois)
Elle durera 1 mois qui permettra aux 10 artistes d’échanger et de partager leurs techniques et
expériences. Les deux artistes professionnels serviront de mentors aux 8 artistes locaux.
Ils auront pour mission, au cours de cette résidence, de travailler sur 10 titres musicaux, chacun d’entre
eux devant être auteur d’un titre.
Les horaires sont souples. Toutefois afin de faire naître un minimum de rigueur dans le travail, les
horaires habituels sont de 07h 00 à 12h00 et de 15h00 à 18h00.
Les résidents seront logés au même endroit et bénéficieront d’un minimum d’équipement pour leur
travail. Ils auront un réfectoire à leur disposition. Le minimum qu’il faut pour les mettre en condition de
travail et d’inspiration sera assuré.

– La production en studio de l’Album (1 mois)
Les 10 titres co-créés seront produits par un studio de la place à la suite d’un appel d’offre national. Des
critères tels que techniques et performances seront mis en avant dans la sélection du studio.
Projet de rencontres de créations musicales dans les Préfectures de Dankpen et de Bassar : Résidences de co-créations musicales (Projet N’GNOPE LAN)

A l’issue de la procédure de sélection, le studio sélectionné disposera d’un mois pour nous livrer le
produit prêt à être commercialisé. L’album sera produit en version audio et en version vidéo sous forme
de CD audio et DVD.

– La diffusion
Un total de 3000 CD audio et de 2000 DVD seront édités et mis en vente sur le marché. En outre, il sera
organisé une soirée dédicace et une tournée nationale.
Des contacts seront établis avec les médias (radios et télévisions) pour assurer la diffusion de l’oeuvre.
Il sera organisé une tournée locale qui se déroulera grâce à un dispositif particulier dans 7 cantons des
préfectures de Bassar et de Dankpen (Dimori, Bitchabé, Bangeli, Kabou, Bassar, Guérin-Kouka et
Katchamba.
Le dispositif essentiellement composé d’un car-podium permettra d’organiser des concerts ambulants et
itinérants dans les 7 cantons ciblés. Ce sont des concerts qui se dérouleront sur les 7 jours de la semaine
et essentiellement les jours de marché de la plupart des cantons susvisés.
Il convient de noter que l’Association Heinrich Klose a déjà expérimenté avec succès ce dispositif
pendant édition 2013 du Festival de la danse du feu (FEST’BOL) qu’elle a organisé du 02 au 08
septembre 2013 dans 5 cantons de la Préfecture de Bassar (Bitchabé, Dimori, Bangeli, Kabou et Bassar).
Avec ce dispositif, l’Association a pu organiser des concerts ambulants et itinérants dans ces cantons (cf.
photos de la page de garde).

 

 

 

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